samedi 11 août 2012

Tout le monde veux être en haut? Vraiment?


Lire 1984, c'est souvent comme lire l'actualité. Ce qu'on trouve dans ce roman de George Orwell paru en 1949 est encore pertinent de nos jours. C'en est presque effrayant tellement une grande partie de ce roman est encore très près de notre réalité. Et ça vaut aussi pour notre société québécoise. Et une section fascinante est lorsque Winston, ce héros qui se qualifie ennemie du parti, lit le livre des opposants au régime totalitaire décrit dans le roman de Orwell. Ce qui suit fait partie du 1er chapitre appelé L'ignorance, c'est la force que le héros lit avec attention. Je vous le partage. Y trouvez-vous des ressemblances avec notre société? Pis encore : Y voyez-vous le comportement de certains citoyens et attitudes de nos partis politiques?

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Le monde est divisé en trois classes. La classe supérieure, la classe moyenne, la classe inférieure. Elles ont été subdivisées de beaucoup de façons, elles ont porté d’innombrables noms différents, la proportion du nombre d’individus que comportait chacune, aussi bien que leur attitude vis-à-vis les unes des autres ont varié d’âge en âge. Mais la structure essentielle de la société n’a jamais varié. Même après d’énormes poussées et des changements apparemment irrévocables, la même structure s’est toujours rétablie, exactement comme un gyroscope reprend toujours son équilibre, aussi loin qu’on le pousse d’un côté ou de l’autre.

Les buts de ces trois groupes sont absolument inconciliables. Le but du groupe supérieur est de rester en place. Celui du groupe moyen, de changer de place avec le groupe supérieur. Le but du groupe inférieur, quand il en a un – car c’est une caractéristique permanente des inférieurs qu’ils sont trop écrasés de travail pour être conscients, d’une façon autre qu’intermittente, d’autres choses que de leur vie de chaque jour – est d’abolir toute distinction et de créer une société dans laquelle tous les hommes seraient égaux.

Ainsi à travers l’Histoire, une lutte qui est la même dans ses lignes principales se répète sans arrêt. Pendant de longues périodes, la classe supérieure semble être solidement au pouvoir. Mais tôt ou tard, il arrive toujours un moment où elle perd, ou sa foi en elle-même, ou son aptitude à gouverner efficacement ou les deux. Elle est alors renversée par une classe moyenne qui enrôle à ces côtés la classe inférieure en lui faisant croire qu’elle lutte pour la liberté et la justice. Sitôt qu’elle a atteint son objectif, la classe moyenne rejette la classe inférieure dans son ancienne servitude et devient elle-même supérieure. Un nouveau groupe moyen se détache alors de l’un des autres groupes, ou des deux, et la lutte recommence.

Des trois groupes, seul le groupe inférieur ne réussit jamais, même temporairement, à atteindre son but. Ce serait une exagération que de dire qu’à travers l’histoire il n’y a eu aucun progrès matériel. Même aujourd’hui, dans une période de déclin, l’être humain moyen jouit de conditions de vie meilleures que celles d’il y a quelques siècles. Mais aucune augmentation de richesse, aucun adoucissement des mœurs, aucune réforme ou révolution n’a jamais rapproché d’un millimètre l’égalité humaine. Du point de vue de la classe inférieure, aucun changement historique a jamais signifié beaucoup plus qu’un changement du nom des maîtres.

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Alors? C'est pas mal non? J'ai aussi pris la liberté de souligner un passage qui m'apparaît comme le fléau de notre siècle. La télé et le médias de masse aident de moins en moins à forger sa propre réflexion et à agir.  Le chacun pour soi et le virage vers le libertarianisme permet justement à l'élite ou le groupe gouvernant de ne pas avoir crainte de se faire critiquer par les classes inférieures. Mais les événements des derniers mois au Québec et ailleurs ressemblent fortement aussi à ce soulèvement tant espéré des prolétaires par un Winston idéaliste. Tout est là. Tout est encore possible.

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